Le soleil est indispensable à la vie, mais ses rayons ultraviolets (UV) sont aussi l’un des principaux facteurs de risque évitables des cancers de la peau. Plus de 80 % d’entre eux sont liés à une exposition excessive au soleil [1]. Comprendre comment agissent les UV, qui est le plus exposé et quels gestes adopter permet de profiter du soleil en limitant les risques.

Comprendre les rayons UV et leur effet sur la peau

UVA et UVB : quelles différences ?

Les rayons UV qui atteignent la Terre sont de deux types :

  • Les UVB sont les plus énergétiques. Ils agissent surtout en surface et sont responsables des coups de soleil. Ils sont en grande partie arrêtés par l’atmosphère, et plus intenses en été, en milieu de journée et en altitude [4].
  • Les UVA représentent l’essentiel des UV qui atteignent le sol. Ils pénètrent plus profondément dans la peau, ne sont arrêtés ni par les nuages ni par les vitres, et sont présents toute l’année [2] [4]. Ils sont responsables du vieillissement prématuré de la peau.

Les deux types de rayons endommagent l’ADN des cellules de la peau [4] et favorisent l’apparition de cancers cutanés [1].

Comment les UV abîment la peau

Lorsque la peau reçoit des UV, elle fabrique de la mélanine pour se défendre : c’est le bronzage. Mais le bronzage est déjà le signe que la peau a été agressée. Les UV provoquent des lésions de l’ADN des cellules ; la peau peut en réparer une partie, mais pas toutes. Ces dégâts peuvent s’accumuler au fil des années.

L’intensité des UV selon les saisons et les lieux

L’intensité des UV est mesurée par l’indice UV. En Europe, il atteint en général 7 ou 8 en été, et peut dépasser 10 en montagne ou sous les tropiques [1]. Les UV sont plus forts [4] :

  • en milieu de journée et en été ;
  • en altitude (ils augmentent avec l’altitude) ;
  • près de l’eau, sur le sable ou la neige, qui réfléchissent les rayons ;
  • même par temps nuageux : les UVA traversent les nuages.

Consultez l’indice UV dans les prévisions météo avant de sortir.

Les principaux risques liés à l’exposition solaire

Les coups de soleil

Un coup de soleil est une brûlure de la peau provoquée par les UV : rougeur, douleur, parfois cloques. C’est le signe d’une exposition excessive. Les coups de soleil sévères, en particulier pendant l’enfance, augmentent le risque de mélanome à l’âge adulte [1].

Le vieillissement prématuré de la peau

Les UVA altèrent les fibres qui donnent à la peau sa souplesse. Résultat, à long terme : rides, perte d’élasticité, taches brunes. Ce photovieillissement est en grande partie évitable.

Les cancers de la peau

Il existe deux grandes familles de cancers de la peau :

  • les carcinomes, les plus fréquents, généralement moins graves que le mélanome ;
  • le mélanome, moins fréquent mais plus grave, car il peut se propager à d’autres organes. Environ deux tiers des mélanomes sont liés à une exposition excessive au soleil [1]. Découvrez les différents types de mélanomes.

Les risques pour les yeux

Les UV peuvent aussi abîmer les yeux, par exemple en provoquant une inflammation de la cornée (comme « l’ophtalmie des neiges ») ou en favorisant, à long terme, la cataracte. D’où l’importance de lunettes de soleil adaptées.

Qui est le plus exposé aux dangers du soleil ?

Votre phototype

Chaque peau réagit différemment au soleil selon son phototype, c’est-à-dire sa capacité à bronzer ou à brûler. Les peaux claires qui brûlent facilement sont les plus vulnérables. Pour connaître le vôtre, lisez notre article sur les phototypes de peau.

Peau claire, cheveux blonds ou roux

Si vous avez la peau claire, des taches de rousseur, les yeux clairs et des cheveux blonds ou roux, votre peau produit peu de mélanine protectrice. Votre risque de coup de soleil et de cancer de la peau est plus élevé.

Les enfants

Les expositions de l’enfance comptent particulièrement dans le risque de cancer de la peau à l’âge adulte [2]. Les enfants de moins de 3 ans ne doivent pas être exposés au soleil [1], et tous les enfants doivent être protégés, quel que soit leur type de peau.

Grains de beauté et antécédents familiaux

Un grand nombre de grains de beauté (plus de 50), des grains de beauté atypiques ou des antécédents de mélanome augmentent aussi le risque. Ces personnes ont intérêt à surveiller leur peau tous les trois mois et à se faire examiner par un dermatologue une fois par an [1].

Comment protéger efficacement votre peau

Éviter les heures les plus intenses

En France métropolitaine, évitez de vous exposer en été entre 12 h et 16 h ; en outre-mer, entre 10 h et 14 h [1].

Rechercher l’ombre

Privilégiez l’ombre autant que possible et adaptez vos activités : sport et sorties tôt le matin ou en fin d’après-midi. Un parasol protège, mais pas totalement, car le sable et l’eau réfléchissent les UV.

Vêtements, chapeau et lunettes

Après l’ombre, c’est la protection la plus efficace : vêtements longs et amples, chapeau à larges bords qui protège le visage, la nuque et les oreilles, et lunettes de soleil enveloppantes de catégorie 3 ou 4, marquées CE [1].

La crème solaire, en complément

Sur les zones qui restent découvertes (visage, mains, avant-bras), appliquez une crème solaire SPF 50 qui protège à la fois contre les UVA et les UVB [1] :

  • en quantité suffisante : environ 2 cuillères à soupe pour tout le corps en maillot de bain ;
  • en renouvelant l’application toutes les 2 heures, et après chaque baignade ou transpiration importante.

À retenir : même un indice 50 ne filtre pas 100 % des UV. La crème solaire ne doit jamais servir à rester plus longtemps au soleil. Pour choisir le bon produit, consultez notre article sur l’indice de protection solaire.

Bronzage artificiel et cabines UV : un danger sous-estimé

Des risques réels pour la peau

Les cabines de bronzage émettent des UV. Elles ne « préparent » pas la peau au soleil : leurs effets néfastes s’ajoutent à ceux des UV naturels [1].

UV artificiels et cancers de la peau

Les UV artificiels sont classés cancérogènes certains pour l’être humain par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 2009 [3]. En France, les cabines de bronzage seraient responsables de 380 cas de mélanome chaque année, et leur usage est fortement déconseillé [2].

Les alternatives sans risque

Pour un teint hâlé, les autobronzants agissent sur la couche superficielle de la peau sans UV. Attention : ils colorent la peau mais ne protègent pas du soleil.

Surveiller sa peau : le complément indispensable

La protection solaire réduit le risque, mais ne l’élimine pas. Examinez régulièrement votre peau avec la méthode ABCDE et repérez tout grain de beauté nouveau ou qui change. Notre guide de l’auto-examen de la peau vous explique comment faire.

Si vous avez beaucoup été exposé au soleil ou si vous avez des facteurs de risque, un examen de dépistage permet de faire le point. Dans nos centres, un médecin formé au dépistage des cancers de la peau examine l’ensemble de votre peau, avec dermoscopie et cartographie corporelle totale.

Prenez rendez-vous pour un dépistage

Questions fréquentes sur les risques solaires

Peut-on bronzer sans risque pour sa santé ?

Non. Le bronzage est une réaction de défense de la peau face à une agression par les UV. Il n’existe pas de bronzage « sain ». On peut en revanche limiter les risques en évitant les heures les plus intenses, en recherchant l’ombre et en se couvrant. Un bronzage, même obtenu progressivement, ne protège que très peu.

Quelle quantité de crème solaire appliquer et à quelle fréquence ?

Environ 2 cuillères à café pour la tête, le cou et les bras, et environ 2 cuillères à soupe pour tout le corps en maillot de bain [1]. Renouvelez toutes les 2 heures et après chaque baignade. En appliquer trop peu peut réduire fortement la protection réelle.

Les crèmes solaires bio sont-elles aussi efficaces ?

L’INCa recommande un indice 50 protégeant contre les UVA et les UVB, appliqué en quantité suffisante [1], quelle que soit l’origine des filtres. Pour choisir un produit adapté, demandez conseil à votre pharmacien.

Comment surveiller l’évolution de ses grains de beauté ?

Faites un auto-examen régulier de toute votre peau avec la méthode ABCDE et le signe du vilain petit canard. Photographiez les grains de beauté à suivre et consultez si l’un d’eux change.

Que faire en cas de coup de soleil important ?

Mettez-vous à l’abri du soleil et demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. Consultez sans attendre en cas de cloques étendues, de fièvre, de malaise, ou s’il s’agit d’un jeune enfant.

Sources

  1. Institut national du cancer (INCa), Mieux se protéger du soleil, cancer.fr.
  2. Institut national du cancer (INCa), L’Institut alerte sur les dangers de l’exposition aux rayons UV, cancer.fr.
  3. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), Monographies du CIRC, volume 100D (rayonnements), 2009-2012.
  4. Institut national du cancer (INCa), Fiche repères : rayonnements ultraviolets et risques de cancer, 2021, cancer.fr.