SPF 15, 30, 50, 50+ : face aux rayons des crèmes solaires, le choix n’est pas toujours évident. La recommandation officielle est pourtant simple, et votre type de peau joue surtout sur les autres mesures de protection. Voici comment lire une étiquette, choisir le bon niveau de protection et l’appliquer correctement.

Si vous avez une maladie de peau ou un traitement qui rend la peau sensible au soleil, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Comprendre les indices de protection solaire

Que signifie SPF ?

SPF signifie Sun Protection Factor, ou facteur de protection solaire (on voit aussi « FPS » ou « IP »). Il mesure la capacité d’un produit à protéger contre les UVB, les rayons responsables des coups de soleil.

Concrètement, il indique combien de fois plus de temps il faudrait pour attraper un coup de soleil avec la crème que sans, à condition d’en appliquer la quantité utilisée en laboratoire (2 mg par cm² de peau, soit beaucoup plus que ce que l’on met en pratique). Aucune crème ne filtre 100 % des UV, et l’indice ne doit jamais servir à calculer combien de temps rester au soleil [1].

Protection UVA et UVB : la différence

  • Les UVB brûlent la peau et provoquent les coups de soleil.
  • Les UVA pénètrent plus profondément, accélèrent le vieillissement de la peau et favorisent aussi les cancers cutanés.

Les deux endommagent l’ADN des cellules de la peau [4].

Le SPF ne mesure que la protection UVB. Pour être protégé contre les UVA, vérifiez la présence du logo « UVA » entouré d’un cercle : il garantit que la protection UVA représente au moins un tiers de la protection UVB [2].

Les 4 niveaux de protection

En Europe, les produits solaires sont classés en quatre catégories [2] :

Catégorie Indice affiché
Faible protection 6, 10
Protection moyenne 15, 20, 25
Haute protection 30, 50
Très haute protection 50+

Les indices inférieurs à 6 ne peuvent pas être présentés comme des produits de protection solaire [2].

Identifier votre phototype de peau

Les 6 phototypes

Le phototype décrit la réaction de votre peau au soleil. La classification de Fitzpatrick distingue six phototypes, du I (peau très claire, qui brûle toujours et ne bronze jamais) au VI (peau très foncée, qui ne brûle presque jamais). Notre article sur les phototypes de peau les détaille et vous aide à identifier le vôtre.

Comment le déterminer ?

Posez-vous deux questions : attrapez-vous facilement des coups de soleil ? Bronzez-vous facilement ? La couleur naturelle de votre peau, de vos cheveux et de vos yeux, ainsi que la présence de taches de rousseur, complètent le tableau.

Pourquoi le phototype compte

Plus votre peau est claire, plus elle brûle vite. Le phototype est donc un repère de vulnérabilité, mais il ne change pas la recommandation d’indice.

Quel SPF choisir selon votre type de peau ?

La recommandation de l’Institut national du cancer est la même pour tous : sur la peau exposée, une crème SPF 50 protégeant contre les UVA et les UVB [1]. Le phototype ne change pas cet indice, mais il indique à quel point votre peau est vulnérable, et donc à quel point les autres mesures de protection comptent.

Phototype Réaction au soleil
I : peau très claire Brûle toujours, ne bronze pas
II : peau claire Brûle facilement, bronze peu
III : peau claire à mate Brûle parfois, bronze progressivement
IV : peau mate Brûle rarement, bronze facilement
V et VI : peau foncée à très foncée Brûle très rarement

Peaux très claires et claires (phototypes I et II)

Votre peau brûle vite. La crème SPF 50 ne suffit pas : limitez l’exposition, et privilégiez l’ombre, les vêtements couvrants et le chapeau [1].

Peaux intermédiaires et mates (phototypes III et IV)

Votre peau bronze, mais elle peut brûler en début de saison ou en cas d’exposition intense, et elle n’est pas à l’abri des effets des UV à long terme. La recommandation reste un SPF 50 sur les zones exposées [1].

Peaux foncées (phototypes V et VI)

La mélanine offre une protection naturelle, mais pas une immunité. Une protection reste utile en cas d’exposition prolongée. Le mélanome acral, qui touche la plante des pieds, les paumes et les ongles, n’est pas lié au soleil [3] : ces zones méritent d’être surveillées quelle que soit votre couleur de peau.

Pour les enfants : protégez-les quel que soit leur type de peau, et évitez toute exposition au soleil avant 3 ans [1].

Les autres critères pour choisir votre protection

Le niveau d’exposition et les conditions

Renforcez les mesures de protection (ombre, vêtements, chapeau) en cas d’exposition intense : plage, montagne (les UV augmentent avec l’altitude), neige ou sable (qui réfléchissent les rayons), pays tropicaux, ou indice UV élevé.

Visage ou corps

Le visage, les oreilles et le cou sont exposés en permanence. Pour le visage comme pour le corps, l’essentiel est d’appliquer une quantité suffisante et de renouveler l’application [1].

Activités et résistance à l’eau

Pour la baignade ou le sport, choisissez un produit résistant à l’eau. Attention : « résistant à l’eau » ne veut pas dire que la protection dure toute la journée. Il faut toujours renouveler l’application après la baignade et après s’être essuyé.

Peaux sensibles et réactives

Si vous avez la peau sensible ou sujette aux allergies, ou si vous prenez un médicament qui rend la peau plus sensible au soleil (on parle de photosensibilisation), demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Comment appliquer efficacement sa crème solaire

La bonne quantité

C’est le point le plus souvent négligé. Il faut environ 2 cuillères à café pour la tête, les bras et le cou, et 2 cuillères à soupe pour tout le corps en maillot de bain [1]. En appliquer trop peu peut réduire fortement la protection réelle, qui devient alors très inférieure à l’indice affiché.

Le bon moment

Appliquez la crème avant de sortir, sur une peau sèche, sans oublier les oreilles, le cou, le dessus des pieds et le cuir chevelu dégarni.

Le renouvellement

Renouvelez l’application toutes les 2 heures, et après chaque baignade, transpiration importante ou séchage avec une serviette [1]. Une seule application le matin ne protège pas toute la journée.

La crème ne fait pas tout

La crème solaire est un complément. La protection la plus efficace reste d’éviter le soleil entre 12 h et 16 h en été, de rechercher l’ombre et de porter vêtements, chapeau et lunettes. Retrouvez tous ces gestes dans notre article sur les risques du soleil et des UV.

Protéger sa peau, et la surveiller

Une bonne protection solaire aide à réduire le risque de cancer de la peau, mais ne le supprime pas. Si vous avez la peau claire, de nombreux grains de beauté ou des antécédents de coups de soleil, surveillez votre peau avec la méthode ABCDE et faites-vous examiner régulièrement.

Dans nos centres, un médecin formé au dépistage des cancers de la peau réalise un examen complet de votre peau : cartographie corporelle totale, puis examen de toutes vos lésions au dermoscope.

Prenez rendez-vous pour un dépistage

Questions fréquentes sur le choix du SPF

Un SPF 50+ est-il vraiment nécessaire pour tous ?

L’Institut national du cancer recommande un SPF 50 protégeant contre les UVA et les UVB sur les zones exposées, pour tous [1]. Plus que l’indice, c’est la quantité appliquée et le renouvellement qui comptent.

Peut-on bronzer avec un indice de protection élevé ?

Oui, car aucune crème ne bloque totalement les UV [1]. Mais la crème solaire ne doit jamais servir à rester plus longtemps au soleil [1] : le bronzage reste une réaction de défense de la peau, et il n’existe pas de bronzage sans risque.

Les crèmes solaires minérales sont-elles plus efficaces ?

Pas forcément. Les filtres minéraux et les filtres chimiques peuvent offrir une protection équivalente. Ce qui compte, c’est l’indice affiché, le logo UVA et une application en quantité suffisante. Pour une peau sensible ou pour un enfant, demandez conseil à votre pharmacien.

Faut-il changer de SPF selon les saisons ?

Le niveau de protection doit s’adapter à l’indice UV, plus qu’au calendrier. Au printemps et en été, les UV sont intenses dès les beaux jours. En hiver, la protection reste nécessaire au ski, en altitude, où la neige réfléchit les UV.

Sources

  1. Institut national du cancer (INCa), Mieux se protéger du soleil, cancer.fr.
  2. Commission européenne, Recommandation 2006/647/CE relative aux produits de protection solaire et aux allégations des fabricants quant à leur efficacité, 22 septembre 2006.
  3. Institut national du cancer (INCa), Mélanome de la peau : développement et types, cancer.fr.
  4. Institut national du cancer (INCa), Fiche repères : rayonnements ultraviolets et risques de cancer, 2021, cancer.fr.